Illustration réaliste de Marie-Julien Dunand entre la Tarentaise savoyarde et le Sichuan, avec paysages alpins, cathédrale de Chengdu et séminaire de Bailu.
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Marie-Julien Dunand, de la Tarentaise aux montagnes du Sichuan

Né dans une famille savoyarde de Tarentaise, Marie-Julien Dunand devient prêtre, puis missionnaire en Chine avant d’être nommé vicaire apostolique du Sichuan nord-ouest et évêque de Caloë. De Saint-Jean-de-Belleville à Chengdu, son existence traverse la formation religieuse, le départ vers l’Asie, les années de séminaire, le gouvernement d’un vaste vicariat et les violences qui marquent la fin du XIXe siècle et le début du XXe. Son itinéraire relie un enracinement local très fort à une vie de service exercée au loin, dans un contexte missionnaire instable et exigeant.

Un enfant de Saint-Jean-de-Belleville

Acte de naissance et de baptême de Marie-Julien Dunand, dressé en janvier 1841 à Saint-Jean-de-Belleville, en Tarentaise.

Né le 23 janvier 1841 à Saint-Jean-de-Belleville, il est baptisé dès le lendemain, 24 janvier, par le recteur révérend Rey Golliet. L’acte précise qu’il reçoit alors les prénoms de Marie-Julien, qu’il partage avec son oncle paternel. Ce point de départ n’est pas un simple renseignement d’état civil. Il place d’emblée sa vie dans un paysage de montagne, dans une Savoie de villages resserrés, de vallées encaissées, d’habitudes paroissiales fortes, où l’Église tient une place centrale dans la vie collective. Les notices missionnaires gardent le souvenir d’une famille profondément chrétienne ; ce trait, même formulé dans le langage attendu de la nécrologie ecclésiastique, aide à comprendre le terreau humain et religieux dans lequel il grandit.

Vue ancienne de Saint-Jean-de-Belleville en Savoie avec l’église du chef-lieu et les glaciers de Péclet en arrière-plan

Le relevé familial déjà établi le montre inséré dans une maisonnée nombreuse : fils de François Victor Dunand et de Marie Josephte Moris , il grandit après plusieurs frères plus âgés. Ce cadre familial importe. Il rappelle que sa vocation ne s’est pas formée hors sol, mais dans un monde de parentés, de travail domestique, de voisinages et de pratiques religieuses ordinaires. Les sources missionnaires ne détaillent pas cette vie de famille, mais elles laissent entendre que son origine savoyarde compte jusque dans la perception qu’on gardera plus tard de son caractère.

Cet enracinement religieux se retrouve aussi dans sa parenté. Du côté paternel, deux de ses oncles sont prêtres : Jean Dunand , devenu capucin sous le nom de père Hilaire, et Marie-Julien Dunand , curé des paroisses d’Aime puis de Villargerel. La génération suivante prolonge encore cette présence ecclésiastique dans la famille. Parmi ses frères, Jean-Baptiste Dunand est curé de Saint-Bon puis d’Albertville ; Cyrille Delphin Dunand est prêtre et missionnaire à Paris puis dans le sud de la France ; Anne-Émile Dunand devient curé de Saint-Laurent-de-la-Côte. La parenté sacerdotale se poursuit enfin chez ses neveux : Édouard Julien Dunand , chanoine, curé et archiprêtre ; Victor Émile Dunand , prêtre à Pralognan ; et Jules Alphonse Dunand , lui aussi prêtre. Sa propre vocation s’inscrit ainsi dans un milieu familial où l’engagement ecclésiastique occupe une place exceptionnelle.

Une formation enracinée dans le diocèse de Tarentaise

Comme d’autres jeunes gens destinés à l’état ecclésiastique, Marie-Julien Dunand passe par le petit séminaire, puis le grand séminaire diocésain. Les sources ne livrent pas le détail de ces années, mais elles permettent de situer clairement leur cadre : celui du diocèse de Tarentaise, où se forme un clergé habitué à la discipline des études, à la vie communautaire, à l’encadrement liturgique et à un horizon d’engagement très structuré.

Vue ancienne du petit séminaire de Moûtiers vers 1880, en Savoie, lieu lié à la formation sacerdotale de Marie-Julien Dunand.

Il est ordonné prêtre le 19 septembre 1863. Après cette ordination, sa trajectoire ne bascule pas immédiatement dans l’extraordinaire. Elle demeure d’abord celle d’un jeune prêtre diocésain. Pendant près de cinq ans, il est professeur et vicaire à Albertville. Ce premier ministère mérite d’être pris au sérieux. Avant d’être missionnaire, il enseigne, encadre et sert dans un cadre local. Il apprend le gouvernement concret des hommes, la régularité des tâches, la place du prêtre dans une communauté déjà formée. C’est là une part essentielle de son apprentissage.

Albertville constitue alors un autre décor que le village natal. On quitte la communauté montagnarde pour une ville plus active, plus ouverte aux circulations, plus insérée dans les réalités administratives du diocèse. Cette étape ne doit pas être effacée derrière la mission asiatique. Elle donne à Dunand une première expérience humaine et pastorale, faite non de prestige, mais de service régulier.

Le départ : choisir les Missions Étrangères

Le tournant intervient lorsqu’il entre au Séminaire des Missions Étrangères de Paris, le 18 juin 1868. Le geste est net. Il quitte la trajectoire d’un prêtre simplement diocésain pour s’engager dans une œuvre missionnaire qui suppose éloignement durable, formation complémentaire, acceptation de l’inconnu et rattachement à une institution fortement organisée. Rien n’autorise à lui prêter des pensées ou des états d’âme non attestés. En revanche, le choix lui-même parle avec force : il consent à changer d’échelle de vie.

Le 3 août 1869, il quitte Paris pour la Chine et arrive dans sa mission en 1870. Entre la Tarentaise et le Sichuan, le déplacement est immense. Il n’est pas seulement géographique. Il est culturel, linguistique, religieux et politique. Le jeune prêtre savoyard passe d’un monde où l’Église structure l’espace social à un univers où le catholicisme demeure minoritaire, parfois toléré, parfois combattu, toujours exposé aux tensions locales et aux brusques retours de violence.

Les débuts au Sichuan : Gan-io, Mou-pin, Ho-pa-tchang

À son arrivée dans le Sichuan,

À son arrivée dans le Sichuan, Marie-Julien Dunand, que les sources missionnaires désignent aussi sous son nom chinois, Du Ang (杜昂), commence à Gan-io, puis il est rapidement appelé à diriger le séminaire établi à Mou-pin. Les sources missionnaires donnent ici des indications précieuses sur les lieux. Mou-pin y apparaît comme une petite chrétienté située au milieu des hautes montagnes, loin des grands centres non chrétiens. Cette localisation n’est pas indifférente. Elle éclaire à la fois les conditions de sécurité recherchées pour la formation des séminaristes et le relief même de son existence missionnaire : montagnes, éloignement, établissements fragiles mais essentiels.

Façade de la cathédrale de l’Immaculée-Conception de Chengdu, en Chine, principal lieu d’action épiscopale de Marie-Julien Dunand.

En 1875, le séminaire est transféré à Ho-pa-tchang, près de Chengdu, dans de nouveaux bâtiments que Dunand aide à installer et à aménager. Ce déplacement du séminaire dit déjà quelque chose de sa manière d’agir. Il ne fait pas que passer d’un poste à un autre. Il accompagne une translation matérielle, veille à l’organisation d’une maison, s’inscrit dans le travail de longue haleine qui consiste à donner à la mission des lieux stables. À ce stade de sa vie, sa présence se lit dans des gestes concrets : conduire des élèves, les encadrer, enseigner, organiser un établissement, l’implanter dans un cadre mieux adapté.

La nécrologie missionnaire insiste sur ce qu’elle présente comme ses qualités de supérieur : fermeté dans la règle, attention aux plus faibles, souci de la formation du clergé local, enseignement prolongé de la théologie. Ce portrait est naturellement marqué par le ton de l’éloge funèbre ; il n’en demeure pas moins utile pour saisir une présence humaine très visible dans les sources. Dunand n’y apparaît pas comme une figure lointaine, mais comme un responsable qui corrige, enseigne, prépare les ordinands et suit lui-même la vie du séminaire.

Former des prêtres, préparer l’avenir de la mission

Cette longue expérience de séminaire compte davantage qu’un simple épisode de jeunesse missionnaire. Elle éclaire un trait durable de son parcours : son attachement à la formation du clergé indigène. Les sources le montrent attentif à susciter des vocations, à maintenir une discipline ecclésiastique exigeante et à encadrer personnellement la préparation aux ordinations. Même si la formulation vient d’une nécrologie rédigée par ses confrères, le fait de fond paraît solide : Dunand a compté dans la structuration d’un clergé local sur lequel la mission devait de plus en plus s’appuyer.

Ce point prend un relief particulier lorsqu’on le replace dans le cadre plus large du vicariat. La Catholic Encyclopedia indique qu’en 1910, le vicariat du nord-ouest du Sichuan compte 1 évêque, 39 missionnaires, 49 prêtres indigènes, 3 séminaires, 340 écoles, 5 orphelinats et 45 000 catholiques. Ces chiffres ne décrivent pas seulement une croissance institutionnelle. Ils montrent que la mission repose sur un corps local de prêtres, d’élèves, d’écoles et d’œuvres. L’action de Dunand dans les séminaires n’est donc pas marginale : elle touche à un ressort central de la présence catholique dans la région.

De supérieur de séminaire à provicaire

Vers 1886, Dunand entre dans une autre phase de son existence. Mgr Pinchon le nomme provicaire et lui confie le district de Tsong-kin-tcheou, au sud de Chengdu. Les sources décrivent ce secteur comme une chrétienté ancienne et florissante. Le changement est important. Le formateur devient plus nettement un homme de gouvernement. Il ne s’agit plus seulement de diriger une maison de formation, mais de prendre part à l’administration d’une portion vivante de la mission, dans un espace déjà marqué par une histoire chrétienne plus ancienne.

Après la mort de Mgr Pinchon, Dunand assure pendant deux ans la direction de la mission comme supérieur intérimaire. Cette période éclaire une fois encore sa présence concrète. Il n’est pas promu d’abord par titre ; il est d’abord mis à l’épreuve des faits. C’est en gouvernant effectivement qu’il se prépare à l’épiscopat. La continuité entre ces responsabilités successives est forte : enseigner, organiser, administrer, puis tenir ensemble un vaste ensemble missionnaire.

1893 : l’évêque qui veut voir par lui-même

Carte religieuse des sept vicariats apostoliques du Se-Tchouan, utile pour situer le cadre missionnaire de Marie-Julien Dunand au Sichuan.

Le 21 août 1893, il est nommé vicaire apostolique du Sichuan nord-ouest et évêque titulaire de Caloë. Il est consacré à Suifu le 26 novembre 1893 par Mgr Chatagnon. À partir de là, son existence se confond avec le gouvernement d’un immense vicariat, centré sur Chengdu.

La nécrologie missionnaire prête à son début d’épiscopat une intention nette : "voir lui-même les besoins de sa mission". Même en tenant compte du ton édifiant de la source, la formulation mérite attention, parce qu’elle s’accorde avec ce que l’on sait de son mode d’action. Les textes le montrent visitant régulièrement les postes de son vicariat, prenant connaissance des difficultés sur place, s’occupant lui-même des détails administratifs et répondant personnellement aux lettres qui lui sont adressées. Ici encore, la présence humaine du personnage passe par des actes observables : se déplacer, visiter, lire, répondre, décider.

On devine alors une figure d’évêque moins cérémonielle que laborieuse. Les sources parlent d’un homme régulier, peu porté à déléguer, attentif aux affaires spirituelles autant qu’aux questions temporelles. Il faut recevoir ce portrait avec prudence, car il vient de ses proches. Mais il permet de comprendre pourquoi son nom demeure attaché à tant d’aspects concrets de la mission : tournées pastorales, administration, formation des prêtres, fondations et reconstructions.

Chengdu : gouverner, bâtir, tenir

C’est à Chengdu que se concentre l’essentiel de son épiscopat. La ville n’est pas, pour lui, un simple siège administratif. Elle est le point d’appui d’un réseau de postes, d’écoles, d’œuvres charitables, de relations avec les autorités et de contacts avec les autres missionnaires. Dunand y projette très tôt une nouvelle résidence épiscopale, plus vaste que l’ancienne, notamment pour accueillir les confrères pendant la retraite annuelle. Le projet, attesté par la nécrologie, montre un évêque qui pense l’espace missionnaire en termes de fonctionnement collectif.

Façade du séminaire de Bailu, appelé Seminarium Annuntiationis, dans le Sichuan, œuvre liée à l’action de Marie-Julien Dunand.

Sous son administration se développent un orphelinat, un hôpital catholique et un hospice pour les pauvres, confiés aux Sœurs franciscaines missionnaires de Marie ; une école de garçons est installée près de sa résidence et confiée aux Frères maristes. Les sources ajoutent qu’il aime visiter lui-même ces établissements pour en vérifier le bon fonctionnement. Ce détail est important. Il fait ressortir non une simple figure de fondateur, mais un homme qui se rend sur place, inspecte, suit, ajuste.

Dunand est également associé au lancement des grands chantiers de la cathédrale de l’Immaculée-Conception de Chengdu et du séminaire de Bailu, deux lieux qui ont laissé une empreinte durable dans le paysage catholique du Sichuan. Leur souvenir donne aujourd’hui une matérialité visible à son épiscopat.

Les années de crise : 1895, 1897, 1900, 1902, 1911

Mais cet effort de construction s’inscrit dans une période heurtée. En 1895, une émeute antichrétienne éclate à Chengdu. La résidence épiscopale, la cathédrale et d’autres oratoires des environs sont détruits. Dunand est blessé et doit fuir. Sur la gravité exacte de sa blessure, les sources divergent : l’IRFA emploie une formule dramatique, tandis qu’un autre témoignage repris par Wikipédia minimise l’atteinte. La prudence impose donc de s’en tenir à ce qui est commun : il est atteint dans les troubles et sauve sa vie en quittant les lieux.

L’épisode montre surtout ce que devient alors son rôle. Il ne se contente pas d’endurer. Après le désastre, il dresse la liste des dommages, traite avec les autorités locales, et un accord finit par être conclu pour permettre à la mission de se relever. La source missionnaire, ici encore, tend à valoriser sa fermeté ; mais le fait qu’il ait été directement impliqué dans la négociation ressort nettement. On le voit donc non seulement victime d’une crise, mais acteur de la réparation matérielle et administrative qui suit.

C’est dans ce contexte troublé qu’il est nommé chevalier de la Légion d’honneur le 1er juin 1898 à Chengdu. La distinction signale la place qu’il occupe alors, au croisement de l’autorité missionnaire, des relations avec les autorités locales et de la présence française en Chine.

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La fin du siècle et le début du suivant prolongent cette instabilité. Des troubles touchent encore la mission en 1897, puis autour de 1900, au moment où la crise des Boxers rejaillit jusqu’au Sichuan. En 1902, Dunand doit demander l’aide d’une canonnière française. En septembre 1911, lors de la Révolution chinoise, Chengdu connaît une nuit de pillage et de violence ; la résidence épiscopale est épargnée, mais plusieurs stations chrétiennes hors de la ville sont détruites et des fidèles sont tués. Là encore, la trajectoire individuelle ne se comprend qu’en la replaçant dans un contexte collectif de xénophobie, de tensions politiques et d’extrême fragilité des implantations missionnaires.

Un homme pris dans un réseau humain

À mesure qu’il avance en âge, Dunand apparaît de plus en plus comme un nœud de relations. Il demeure lié à son origine savoyarde, même à distance ; il gouverne avec l’aide des missionnaires de son vicariat ; il s’appuie sur les prêtres indigènes qu’il a contribué à former ; il travaille avec des congrégations féminines et masculines venues soutenir les œuvres d’éducation et de secours. Son entourage n’est donc pas seulement ecclésiastique au sens étroit : il comprend confrères, prêtres locaux, religieux, religieuses, chrétiens des postes, responsables locaux et autorités avec lesquelles il faut traiter.

Cette inscription dans une communauté locale se lit aussi dans la multiplication des stations, des écoles, des chapelles et des œuvres. Les chiffres de 1910 signalent non un destin isolé, mais un ensemble humain considérable, réparti sur un vaste territoire. Si Dunand a marqué cette histoire, c’est moins comme figure solitaire que comme homme de liaison, de direction et d’organisation dans une mission devenue très ample.

1915 : la fin d’une vie de déplacement et de travail

Portrait de Marie-Julien Dunand en tenue ecclésiastique, missionnaire savoyard devenu évêque et vicaire apostolique au Sichuan.

En 1915, malgré son âge et malgré une maladie de cœur signalée par la nécrologie, Dunand continue de visiter plusieurs districts de son vicariat. Ce détail, attesté par une source interne à la mission, doit être utilisé avec mesure ; il n’en reste pas moins précieux, car il montre un homme encore en mouvement, présent sur le terrain jusqu’aux derniers mois de sa vie.

Il meurt subitement à Chengdu le 4 août 1915. Le 12 août, un service solennel est célébré à la cathédrale, en présence des consuls de France et d’Angleterre et des autorités chinoises civiles et militaires. Le lendemain, le cortège funèbre traverse la ville avant de gagner Mo-pan-chan, près de Chengdu, où il est enseveli. La nécrologie a conservé de cette translation des notations très concrètes : le cercueil porté par de nombreux hommes, la longue suite des chrétiens en prière, les séminaristes vêtus de blanc, les missionnaires en chaise à porteurs, la foule massée sur le passage. Ces détails, précisément parce qu’ils sont matériels et visibles, donnent sa densité humaine à la fin de sa vie.

Son inhumation près du lieu où repose aussi Gabriel-Taurin Dufresse le rattache enfin à une histoire missionnaire plus ancienne que lui. Le Savoyard de Saint-Jean-de-Belleville ne retourne pas mourir dans sa vallée natale ; il demeure jusqu’au bout dans la terre où il a vécu, administré, négocié, bâti, fui parfois, puis recommencé. C’est sans doute l’un des traits les plus nets de sa biographie : une fidélité non spectaculaire, mais continue, à un espace missionnaire devenu son lieu de vie.

Extrait du journal The Catholic Bulletin du 30 octobre 1915 annonçant la mort de Mgr Marie-Julien Dunand, vicaire apostolique au Sichuan.

La vie de Marie-Julien Dunand suit une ligne claire, sans cesser d’être traversée par des secousses. Né dans une vallée savoyarde, formé dans le cadre serré du diocèse de Tarentaise, d’abord professeur et vicaire, il choisit ensuite l’éloignement des Missions Étrangères. Au Sichuan, il commence par les tâches modestes et essentielles : mission locale, séminaire, formation. Puis viennent les responsabilités plus vastes : provicaire, supérieur intérimaire, évêque, vicaire apostolique. Son existence se lit alors dans des actions très concrètes : visiter les postes, tenir une administration, écrire, négocier après les destructions, soutenir des écoles, des orphelinats, un hôpital, un hospice, lancer des constructions durables.

Ce parcours individuel prend tout son sens lorsqu’on le replace dans son contexte collectif : celui des missions catholiques françaises en Chine intérieure, de la montée des œuvres, de la formation d’un clergé local, mais aussi des révoltes, des violences antichrétiennes, des interventions diplomatiques et des incertitudes politiques de la fin de l’Empire chinois. Dunand n’est pas seulement un nom dans une succession épiscopale. Il est un homme de terrain et de gouvernement, dont la présence est encore perceptible dans les lieux qu’il a habités, parcourus ou fait bâtir, de la petite chrétienté de montagne à Mou-pin jusqu’à la grande ville de Chengdu.



  • Acte de naissance et de baptême de Marie-Julien Dunand (1841) - AD de la Savoie - cote 3E 1982.
  • Saint-Jean-de-Belleville - Les Glaciers de Péclet - carte postale ancienne, éditeur G.H.A., reproduction numérique, collection personnelle.
  • Petit séminaire de Moûtiers, vers 1880 - collection personnelle.
  • Cathédrale de l’Immaculée-Conception de Chengdu - photographie de Jeong zeno, 22 août 2013, diffusion Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 3.0.
  • Carte religieuse des 7 vicariats apostoliques du Se-Tchouan - François Roux, 1913, diffusion Wikimedia Commons, domaine public.
  • Séminaire de Bailu (Seminarium Annuntiationis) - photographie de BenBen, août 2007, diffusion Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 3.0.
  • Portrait de Marie-Julien Dunand - auteur inconnu, photographie antérieure à 1915, source IRFA, diffusion Wikimedia Commons, domaine public.
  • Annonce du décès de Mgr Marie-Julien Dunand, The Catholic Bulletin (Saint Paul, Minnesota), 30 octobre 1915, p. 2, consulté via The Catholic News Archive

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