Personnalités
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Derrière l’histoire des Belleville se trouvent des femmes, des hommes et des familles dont les visages ont parfois été préservés par une photographie transmise de génération en génération.
Cette collection rassemble des portraits individuels, des photographies familiales, des mariages, des conscrits et différents groupes d’habitants. Elle contribue à redonner un visage aux personnes présentes dans l’Arbre des Bellevillois et à conserver la mémoire des liens familiaux et communautaires de la vallée.

Père Joseph François Sollier, prêtre mariste, vers 1930
Cette photographie représente Joseph François Sollier (1865-1938), prêtre mariste originaire du hameau du Châtelard à Saint-Martin-de-Belleville, probablement photographié aux États-Unis vers 1930. Revêtu de la soutane et d'un long manteau ecclésiastique, il porte la barrette traditionnelle du clergé catholique. L'inscription placée au bas du cliché le présente affectueusement comme « Our spiritual Father and Friend - Father Sollier, S.M. », « Notre père spirituel et ami », témoignage de la place qu'il occupait auprès de ses fidèles.
Né le 27 novembre 1865 dans une famille de cultivateurs des Belleville, Joseph François Sollier quitte progressivement l'univers rural savoyard pour suivre une vocation religieuse. Entré dans la Société de Marie, il prononce ses vœux en 1887, obtient un doctorat en théologie à Rome et est ordonné prêtre en 1889. Après quelques années d'enseignement en France, il embarque en 1892 pour les États-Unis.
Sa carrière américaine le conduit à exercer des responsabilités importantes au sein de la congrégation mariste. Enseignant et supérieur religieux, il devient notamment recteur de Notre-Dame-des-Victoires à San Francisco, puis Provincial de la Société de Marie aux États-Unis en 1911. En 1917, il rejoint Boston, où il prend la direction de la paroisse francophone Our Lady of Victories. Il participe également au développement d'œuvres religieuses en Nouvelle-Angleterre, notamment à North Cambridge et Bedford.
La formule inscrite sous le portrait donne à cette photographie une dimension particulière : il ne s'agit pas simplement d'un portrait officiel de religieux, mais vraisemblablement d'une image destinée à conserver le souvenir d'un homme considéré comme guide spirituel et ami par sa communauté.
Ce document illustre ainsi un parcours singulier reliant directement la vallée des Belleville aux communautés catholiques francophones des États-Unis. Du fils de cultivateurs né dans un hameau de montagne au responsable mariste reconnu outre-Atlantique, le destin de Joseph François Sollier témoigne des mobilités religieuses et humaines qui, dès la fin du XIXe siècle, pouvaient conduire un Bellevillois bien au-delà des frontières de la Savoie.

Mgr Marie-Julien Dunand, évêque missionnaire en Chine
Ce portrait présente Mgr Marie-Julien Dunand (1841-1915) dans sa tenue épiscopale. Photographié en pied, il porte notamment une croix pectorale et la longue tenue ecclésiastique correspondant à sa fonction d’évêque. Le lieu et la date exacte de la prise de vue ne sont pas connus.
Né le 23 janvier 1841 à Saint-Jean-de-Belleville, Marie-Julien Dunand est ordonné prêtre le 19 septembre 1863. Après plusieurs années dans le diocèse de Tarentaise, notamment comme professeur puis vicaire à Albertville, il entre aux Missions étrangères de Paris en 1868. Il quitte la France le 3 août 1869 pour le Sichuan et rejoint sa mission en Chine en 1870.
Après avoir dirigé un séminaire puis exercé les fonctions de provicaire, il est nommé évêque titulaire de Caloë et vicaire apostolique du Sichuan occidental le 21 août 1893. Sa consécration épiscopale a lieu à Suifu le 26 novembre 1893. Il dirige ensuite la mission jusqu’à sa mort en Chine le 4 août 1915.
Son épiscopat se déroule dans une période particulièrement troublée, marquée notamment par les violences antichrétiennes de 1895, les répercussions de la révolte des Boxers et les troubles de la révolution chinoise de 1911. Parallèlement, il participe au développement d’œuvres d’éducation et d’assistance, avec notamment des écoles, un orphelinat, un hôpital et un hospice.
Ce portrait constitue ainsi un témoignage particulièrement important pour Mémoire des Belleville : il relie directement Saint-Jean-de-Belleville à l’histoire des missions françaises en Chine et au parcours d’un Bellevillois devenu évêque et responsable d’un vaste territoire missionnaire au Sichuan.

Père Joseph François Sollier, prêtre mariste, en 1917
Ce portrait représente Joseph François Sollier (1865-1938) en 1917. Né le 27 novembre 1865 au Châtelard, hameau de Saint-Martin-de-Belleville, dans une famille de cultivateurs, il avait alors déjà accompli une importante partie de son parcours religieux et intellectuel entre la Savoie, l'Angleterre, l'Irlande, Rome et les États-Unis.
Entré dans la Société de Marie, il prononce ses vœux en 1887, obtient un doctorat en théologie en 1889 et est ordonné prêtre la même année. Après avoir enseigné à Nevers, il quitte la France pour les États-Unis en septembre 1892. Il y exerce progressivement des responsabilités importantes comme professeur de théologie, recteur, maître des novices puis supérieur.
L'année 1917, date de ce portrait, marque une étape importante de sa carrière : Joseph François Sollier devient curé de la paroisse francophone Our Lady of Victories à Boston. Il se consacre alors notamment à l'accompagnement des communautés catholiques francophones de Nouvelle-Angleterre.
Publié dans The Catholic Encyclopedia and Its Makers, ce portrait présente le religieux sous une forme sobre et institutionnelle, vêtu de l'habit ecclésiastique et photographié de profil. Il témoigne de la reconnaissance acquise par ce fils d'une famille paysanne des Belleville au sein de l'Église catholique américaine.
Le document illustre ainsi un parcours exceptionnel reliant directement Saint-Martin-de-Belleville au monde catholique des États-Unis : celui d'un enfant du Châtelard devenu théologien, enseignant, supérieur mariste et responsable de communautés francophones outre-Atlantique.

Portrait d’Antoine Borrel vers 1910
Ce portrait représente Antoine Borrel (1878-1961) au début de sa carrière politique, vraisemblablement autour de 1910. Présenté de profil dans une tenue formelle, il apparaît ici dans l’esthétique caractéristique des portraits officiels de personnalités publiques du début du XXe siècle.
Issu d’une famille originaire de Saint-Laurent-de-la-Côte, dans la vallée des Belleville, Antoine Borrel devient une figure importante de la vie politique savoyarde. Journaliste de formation, il est élu député de la Savoie en 1909, avant de poursuivre une longue carrière politique nationale et départementale.
Son action est notamment liée aux questions de désenclavement des vallées alpines, d’amélioration des routes, de développement économique et de tourisme de montagne. Très tôt, il s’intéresse également aux sports d’hiver et aux possibilités qu’ils représentent pour l’avenir des territoires savoyards.
Ce portrait constitue ainsi un témoignage de la période où Antoine Borrel commence à s’imposer comme l’un des acteurs politiques majeurs de la Savoie. Il permet également d’illustrer le parcours d’une personnalité profondément liée par ses origines familiales à la vallée des Belleville et qui participera aux grandes réflexions sur la modernisation de la montagne savoyarde au cours de la première moitié du XXe siècle.

Inauguration de la route du Puits à Fontaine-le-Puits en 1928
Cette photographie a été prise en 1928 à l’occasion de l’inauguration de la route desservant le hameau du Puits, à Fontaine-le-Puits. Au premier plan apparaissent plusieurs personnalités réunies pour célébrer l’ouverture de cette nouvelle voie : le maire Étienne Chavoutier, à gauche, Antoine Borrel, au centre, et Jean Moulin, alors sous-préfet d’Albertville, visible à droite les mains croisées. Derrière eux, de nombreux habitants et représentants locaux assistent à la cérémonie.
Le document illustre un enjeu majeur de la Savoie de l’entre-deux-guerres : le désenclavement des villages et hameaux de montagne. Les difficultés de circulation limitaient encore fortement les échanges, l’accès aux services et le développement économique de nombreuses communes. Antoine Borrel, président du Conseil général de la Savoie depuis 1919, fit de l’amélioration du réseau routier l’un des axes importants de son action politique.
La présence de Jean Moulin confère aujourd’hui au cliché une valeur historique supplémentaire. Bien avant de devenir l’une des figures majeures de la Résistance française, il exerça les fonctions de sous-préfet d’Albertville de 1925 à 1930. Dans ce cadre, il participa à plusieurs inaugurations et opérations d’aménagement en Tarentaise, dont l’ouverture de la route de Fontaine-le-Puits.
Cette photographie témoigne ainsi à la fois de la modernisation des infrastructures rurales savoyardes dans les années 1920, de l’action d’Antoine Borrel en faveur des communes de montagne et des premières années de la carrière préfectorale de Jean Moulin. Elle constitue un document particulièrement significatif de l’histoire politique et du désenclavement de la Tarentaise. · 3 personnes identifiées

Antoine Borrel à ski au début du XXe siècle
Cette photographie ancienne représente Antoine Borrel, au centre, chaussé de skis et muni de deux bâtons, lors d’une scène hivernale en Savoie au début du XXe siècle. Il est entouré notamment d’Adrien Rey-Golliet, maire des Avanchers, placé à sa droite, et d’Alexis Bouvier. Un quatrième homme, visible à l’extrémité droite du cliché, n’est pas identifié.
La scène est particulièrement intéressante par le contraste entre l’équipement de ski encore rudimentaire d’Antoine Borrel et la tenue plus traditionnelle de ses compagnons. Elle témoigne d’une époque où le ski commence à se diffuser dans les vallées alpines, avant de devenir une pratique touristique majeure.
Le cliché revêt également un intérêt politique et social. Antoine Borrel, personnalité savoyarde engagée dans le développement de la montagne, côtoie ici des élus et notables locaux. Cette proximité illustre les liens entre les acteurs politiques de la Savoie et les territoires ruraux et montagnards qu’ils représentent.
Au-delà du simple portrait de groupe, ce document évoque ainsi les premiers temps du ski en Savoie, l’évolution des loisirs d’hiver et le rôle joué par certaines personnalités locales dans la modernisation et le désenclavement des vallées alpines.
La date exacte et le lieu précis de la prise de vue n’étant pas connus, la mention « début du XXe siècle » reste à considérer comme une datation approximative. · 2 personnes identifiées
