Cette collection rassemble des photographies anciennes, des cartes postales, des documents d’archives, des plans et des témoignages illustrant l’histoire de la vallée des Belleville.
Chaque document est présenté avec les informations disponibles sur sa date, son origine, les personnes ou les lieux représentés et son contexte historique. Ces archives permettent de préserver et de partager la mémoire de Saint-Martin-de-Belleville, Saint-Jean-de-Belleville, Saint-Laurent-de-la-Côte, Villarlurin et de leurs hameaux.
Le hameau de Planlebon dans la vallée des Encombres
Cette carte postale ancienne offre une vue spectaculaire du hameau de Planlebon, établi dans la vallée des Encombres, sur le territoire de Saint-Martin-de-Belleville. Les quelques maisons apparaissent regroupées sur un replat, au-dessus des profondes gorges creusées par le torrent des Encombres. Les versants abrupts et rocheux qui encadrent le hameau traduisent avec force l'isolement et la rudesse de ce territoire de montagne.
Planlebon fut autrefois un véritable lieu de vie. Au XVIIIe siècle, alors que la population de la vallée des Belleville augmentait et que toutes les terres disponibles étaient exploitées, le hameau comptait 36 habitants en 1773. Ses habitants vivaient cependant dans un environnement particulièrement contraignant, presque coupés du reste de la vallée durant l'hiver.
La vallée des Encombres est également profondément marquée par le risque d'avalanche. Le 15 février 1683, cinq habitants de Planlebon - Georges Girod, son fils Martin, Georges Sollier, François Sollier et Jean Ulliel - périrent dans une avalanche alors qu'ils se rendaient à la messe à Saint-Martin-de-Belleville. Ce drame est resté l'un des épisodes les plus marquants de l'histoire du hameau.
À partir du XIXe siècle, l'exode rural entraîna progressivement le dépeuplement des habitats les plus isolés. Planlebon perdit sa population permanente, mais conserva encore une occupation saisonnière : huit familles y montaient notamment jusqu'en 1945. Aujourd'hui, le hameau est en grande partie ruiné ; sa chapelle dédiée à saint Antoine de Padoue, restaurée, demeure l'un des principaux témoins de cette ancienne communauté montagnarde.
Cette photographie présente donc un intérêt documentaire majeur puisqu'elle montre Planlebon alors que plusieurs de ses constructions étaient encore debout. Elle permet de restituer l'organisation du hameau, son environnement agricole et surtout son implantation saisissante au bord des gorges des Encombres, avant que l'abandon et le temps ne transforment profondément le site.
Saint-Martin-de-Belleville et le Roc du Cochet vers 1904
Cette carte postale offre une vue générale du chef-lieu de Saint-Martin-de-Belleville au début du XXe siècle, dans un paysage encore profondément rural. Le village est dominé par la silhouette massive du Roc du Cochet, dont la légende de la carte indique une altitude de 1 800 mètres, tandis que le chef-lieu est donné à 1 400 mètres.
Au centre du paysage se détache le clocher de l'église de Saint-Martin-de-Belleville, autour duquel se regroupent les habitations. Les bâtiments présentent encore l'organisation caractéristique des villages de montagne de cette époque : maisons rapprochées, constructions rurales et dépendances implantées au milieu des terrains cultivés.
Les pentes entourant le village apparaissent largement exploitées. Prairies, parcelles agricoles, clôtures et chemins témoignent d'un territoire façonné par une économie essentiellement agricole et pastorale. Quelques arbres ponctuent les versants, alors très différents du paysage plus boisé et urbanisé observable aujourd'hui.
Au premier plan, un chemin rejoint le cœur du village. L'absence d'aménagements routiers importants et de constructions touristiques restitue l'aspect de Saint-Martin-de-Belleville plusieurs décennies avant le développement des sports d'hiver et la création des stations des Menuires et de Val Thorens.
Cette photographie constitue ainsi un témoignage particulièrement intéressant sur la morphologie ancienne du chef-lieu, son habitat et l'occupation traditionnelle des terres. Elle permet également de mesurer les transformations considérables qu'a connues la vallée des Belleville au cours du XXe siècle, tout en retrouvant plusieurs éléments structurants du paysage encore reconnaissables aujourd'hui, notamment le clocher et le Roc du Cochet.
Carte postale ancienne du village de Saint-Martin-de-Belleville
Type : carte postale ancienne
Sujet : vue du village
Lieu : Saint-Martin-de-Belleville
Date estimée : vers 1910
Source : collection particulière
Droits : reproduction autorisée
Saint-Jean-de-Belleville après l’incendie du 27 août 1928
Cette carte postale montre Saint-Jean-de-Belleville au lendemain de l’incendie du 27 août 1928, l'un des événements les plus dramatiques de l'histoire du village. Le sinistre se déclara dans la nuit du 27 au 28 août et se propagea rapidement parmi les maisons, granges et bâtiments agricoles étroitement regroupés.
L'image révèle l'étendue des destructions : à gauche et au centre ne subsistent de nombreuses constructions que des murs, des cheminées et des pans de maçonnerie. Une trentaine de maisons furent détruites et plus d'une centaine de personnes se retrouvèrent sans abri. Les récoltes, le fourrage, les outils et de nombreux bâtiments agricoles disparurent également dans les flammes.
À droite se détache l'église Saint-Jean-Baptiste, restée debout au milieu du village sinistré. L'espace dégagé correspondant à l'ancien cimetière entourant l'édifice contribua à freiner la propagation des flammes et à préserver l'église.
Cette photographie constitue un témoignage majeur de la catastrophe. Elle documente non seulement la disparition d'une grande partie du vieux Saint-Jean-de-Belleville, mais également le point de départ d'une profonde reconstruction et modernisation du chef-lieu, qui allait modifier durablement son organisation et son architecture.
Saint-Martin-de-Belleville – Vue générale en 1899
Cette carte postale photographique réalisée en 1899 offre une vue générale du chef-lieu de Saint-Martin-de-Belleville à la toute fin du XIXe siècle. L’église constitue le principal point de repère du village, autour duquel se regroupent les maisons et bâtiments agricoles.
Le document témoigne d’un paysage encore profondément marqué par les activités agricoles et pastorales. Les habitations restent relativement concentrées tandis que les terrains environnants sont occupés par des prés et des parcelles cultivées. Les versants sont beaucoup plus ouverts qu’aujourd’hui, conséquence de leur exploitation intensive pour l’élevage et la production de fourrage.
La photographie permet également d’observer l’ancien réseau de chemins et de voies reliant le chef-lieu aux terres et aux différents secteurs de la vallée. Leur tracé épouse les pentes et révèle une organisation du territoire encore largement déterminée par les déplacements à pied, les activités agricoles et les communications entre villages.
Cette vue constitue ainsi un précieux témoignage de Saint-Martin-de-Belleville avant les grandes transformations du XXe siècle. Prise plus de soixante ans avant le développement des Menuires, elle permet de mesurer l’évolution considérable de l’habitat, de la voirie et de l’occupation des versants, tout en retrouvant certains repères anciens du chef-lieu, notamment son église et la structure générale du village.
Saint-Jean-de-Belleville en 1899
Cette carte postale photographique réalisée en 1899 offre une vue générale de Saint-Jean-de-Belleville, alors commune indépendante de la vallée des Belleville. L’inscription figurant sur le document situe le village à 1 150 mètres d’altitude.
L’église Saint-Jean-Baptiste constitue le principal repère du paysage. Implantée légèrement au-dessus du cœur du village, elle domine un ensemble relativement compact de maisons, granges et bâtiments agricoles caractéristiques de l’habitat montagnard de la fin du XIXe siècle.
Le document permet surtout d’observer l’importance du territoire agricole entourant Saint-Jean. Les versants sont divisés en nombreuses parcelles, prairies et terrains exploités, qui remontent largement sur les pentes. Cette organisation témoigne d’une économie locale reposant essentiellement sur l’agriculture, l’élevage et la production de fourrage.
La faible extension des boisements est également remarquable. Les pentes apparaissent beaucoup plus ouvertes qu’aujourd’hui, conséquence de l’exploitation intensive des terres par les habitants et de l’entretien régulier des prés et pâturages.
Les maisons sont regroupées afin de préserver au maximum les surfaces cultivables, tandis que chemins et sentiers assurent les liaisons entre le village, les terres agricoles et les différents secteurs de la vallée.
Cette photographie constitue ainsi un précieux témoignage de Saint-Jean-de-Belleville à la fin du XIXe siècle. Elle documente l’organisation ancienne du village, son architecture, l’utilisation des terres et le paysage façonné pendant des générations par les activités agricoles et pastorales de ses habitants.
Saint-Martin-de-Belleville et la vallée de Saint-Jean en 1899
Cette carte postale réalisée par Auguste et Ernest Pittier en 1899 offre une remarquable vue panoramique de Saint-Martin-de-Belleville et de la vallée en direction de Saint-Jean-de-Belleville. Le chef-lieu occupe le premier plan, organisé autour de son église dont le clocher domine les habitations.
Le document témoigne surtout de l'aspect profondément rural et agricole de la vallée à la fin du XIXe siècle. Les maisons sont regroupées autour du village tandis que les versants sont presque entièrement occupés par des prés, champs et parcelles cultivées. Les chemins et voies encore peu aménagés serpentent entre les terres et relient les différents groupes d'habitations.
La faible présence forestière sur les pentes illustre également l'intense exploitation agro-pastorale de la montagne à cette époque. L'élevage, la production de fourrage et les cultures nécessaires à la vie des communautés villageoises façonnaient alors largement le paysage.
Cette photographie est particulièrement précieuse car elle montre Saint-Martin-de-Belleville plusieurs décennies avant le développement du tourisme et des sports d'hiver. Elle permet de comparer la morphologie ancienne du chef-lieu et l'occupation traditionnelle des versants avec les profondes transformations intervenues au cours du XXe siècle.
À noter : l'intitulé imprimé « Vallée de St-Jean » désigne la vue ouverte depuis Saint-Martin vers la partie aval de la vallée et Saint-Jean-de-Belleville ; il ne signifie pas que le village visible au premier plan est Saint-Jean.
Saint-Marcel à Saint-Martin-de-Belleville vers 1960
Cette carte postale offre une vue générale du hameau de Saint-Marcel, situé en amont de Saint-Martin-de-Belleville. Au centre du village se détache le clocher de la chapelle Saint-Marcel-Saint-Grégoire, entouré d’un habitat encore essentiellement traditionnel composé de maisons et de bâtiments agricoles en pierre et en bois.
La chapelle occupe une place importante dans l’histoire du hameau. Dédiée à saint Marcel et saint Grégoire le Grand, elle est mentionnée dès le XIIIe siècle. Plusieurs fois remaniée, elle présente aujourd’hui un aspect provenant principalement des transformations réalisées au XVIIe siècle. Sa sacristie conserve par ailleurs des vestiges de fresques du XVe siècle.
La photographie documente surtout Saint-Marcel avant les importantes transformations touristiques de la seconde moitié du XXe siècle. Les bâtiments sont encore regroupés selon la structure traditionnelle du hameau, autour de ruelles et de chemins étroits. Les constructions agricoles occupent une place importante dans le paysage et les poteaux électriques témoignent déjà de la modernisation progressive du village.
Sur le versant situé au-dessus des habitations, on distingue également un troupeau dans les pâturages, rappelant le rôle central de l’élevage et de l’agriculture dans l’économie des Belleville. Les prairies occupent encore une grande partie des pentes et les constructions modernes sont pratiquement absentes.
Le document est d’autant plus intéressant que Saint-Marcel fut historiquement l’un des principaux hameaux de la vallée. La Fondation FACIM rappelle qu’il fut même, en raison de son importance et de sa situation, un ancien chef-lieu de la vallée et qu’il était appelé Grand’Belleville au XVe siècle.
Cette carte postale constitue ainsi un précieux témoignage de l’organisation, de l’architecture et du paysage rural de Saint-Marcel à la veille du développement touristique des Belleville.
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