Portraits de familles
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Mgr Marie-Julien Dunand, évêque missionnaire en Chine
Ce portrait présente Mgr Marie-Julien Dunand (1841-1915) dans sa tenue épiscopale. Photographié en pied, il porte notamment une croix pectorale et la longue tenue ecclésiastique correspondant à sa fonction d’évêque. Le lieu et la date exacte de la prise de vue ne sont pas connus.
Né le 23 janvier 1841 à Saint-Jean-de-Belleville, Marie-Julien Dunand est ordonné prêtre le 19 septembre 1863. Après plusieurs années dans le diocèse de Tarentaise, notamment comme professeur puis vicaire à Albertville, il entre aux Missions étrangères de Paris en 1868. Il quitte la France le 3 août 1869 pour le Sichuan et rejoint sa mission en Chine en 1870.
Après avoir dirigé un séminaire puis exercé les fonctions de provicaire, il est nommé évêque titulaire de Caloë et vicaire apostolique du Sichuan occidental le 21 août 1893. Sa consécration épiscopale a lieu à Suifu le 26 novembre 1893. Il dirige ensuite la mission jusqu’à sa mort en Chine le 4 août 1915.
Son épiscopat se déroule dans une période particulièrement troublée, marquée notamment par les violences antichrétiennes de 1895, les répercussions de la révolte des Boxers et les troubles de la révolution chinoise de 1911. Parallèlement, il participe au développement d’œuvres d’éducation et d’assistance, avec notamment des écoles, un orphelinat, un hôpital et un hospice.
Ce portrait constitue ainsi un témoignage particulièrement important pour Mémoire des Belleville : il relie directement Saint-Jean-de-Belleville à l’histoire des missions françaises en Chine et au parcours d’un Bellevillois devenu évêque et responsable d’un vaste territoire missionnaire au Sichuan.

Famille Ancenay aux caves d’Orgentil
Cette photographie familiale représente plusieurs membres de la famille Ancenay réunis devant un bâtiment d’alpage aux caves d’Orgentil, sur le territoire de Saint-Jean-de-Belleville. Hommes et femmes posent devant la construction, accompagnés de plusieurs équidés, vraisemblablement utilisés pour le transport des personnes, du matériel et des produits de l’alpage.
Le lieu d’Orgentil appartient à un secteur d’alpages situé à près de 1 900 mètres d’altitude. L’inventaire du bâti d’alpage de la commune de Saint-Jean-de-Belleville recense encore à Orgentil plusieurs constructions dont la destination d’origine associait fabrication et habitation, ce qui correspond au fonctionnement traditionnel des chalets et caves d’estive.
La scène illustre ainsi la vie saisonnière en altitude au début du XXe siècle. Durant l’estive, les familles ou les membres chargés du troupeau séjournaient dans les alpages afin de surveiller les bêtes et de transformer le lait. Les bâtiments servaient à la fois de logement, d’espace de fabrication et de conservation des produits laitiers. La présence d’animaux de bât rappelle également l’importance de ces moyens de transport dans des secteurs alors dépourvus de routes carrossables.
L’image présente un intérêt ethnographique particulier par les vêtements, les tabliers, les couvre-chefs et l’organisation du groupe. Elle conserve surtout la mémoire d’une famille liée à l’exploitation des alpages d’Orgentil, dans un paysage pastoral qui constitue encore aujourd’hui un élément important du patrimoine de la commune de Saint-Jean-de-Belleville. · 7 personnes identifiées

Père Joseph François Sollier, prêtre mariste, vers 1930
Cette photographie représente Joseph François Sollier (1865-1938), prêtre mariste originaire du hameau du Châtelard à Saint-Martin-de-Belleville, probablement photographié aux États-Unis vers 1930. Revêtu de la soutane et d'un long manteau ecclésiastique, il porte la barrette traditionnelle du clergé catholique. L'inscription placée au bas du cliché le présente affectueusement comme « Our spiritual Father and Friend - Father Sollier, S.M. », « Notre père spirituel et ami », témoignage de la place qu'il occupait auprès de ses fidèles.
Né le 27 novembre 1865 dans une famille de cultivateurs des Belleville, Joseph François Sollier quitte progressivement l'univers rural savoyard pour suivre une vocation religieuse. Entré dans la Société de Marie, il prononce ses vœux en 1887, obtient un doctorat en théologie à Rome et est ordonné prêtre en 1889. Après quelques années d'enseignement en France, il embarque en 1892 pour les États-Unis.
Sa carrière américaine le conduit à exercer des responsabilités importantes au sein de la congrégation mariste. Enseignant et supérieur religieux, il devient notamment recteur de Notre-Dame-des-Victoires à San Francisco, puis Provincial de la Société de Marie aux États-Unis en 1911. En 1917, il rejoint Boston, où il prend la direction de la paroisse francophone Our Lady of Victories. Il participe également au développement d'œuvres religieuses en Nouvelle-Angleterre, notamment à North Cambridge et Bedford.
La formule inscrite sous le portrait donne à cette photographie une dimension particulière : il ne s'agit pas simplement d'un portrait officiel de religieux, mais vraisemblablement d'une image destinée à conserver le souvenir d'un homme considéré comme guide spirituel et ami par sa communauté.
Ce document illustre ainsi un parcours singulier reliant directement la vallée des Belleville aux communautés catholiques francophones des États-Unis. Du fils de cultivateurs né dans un hameau de montagne au responsable mariste reconnu outre-Atlantique, le destin de Joseph François Sollier témoigne des mobilités religieuses et humaines qui, dès la fin du XIXe siècle, pouvaient conduire un Bellevillois bien au-delà des frontières de la Savoie.

Père Joseph François Sollier, prêtre mariste, en 1917
Ce portrait représente Joseph François Sollier (1865-1938) en 1917. Né le 27 novembre 1865 au Châtelard, hameau de Saint-Martin-de-Belleville, dans une famille de cultivateurs, il avait alors déjà accompli une importante partie de son parcours religieux et intellectuel entre la Savoie, l'Angleterre, l'Irlande, Rome et les États-Unis.
Entré dans la Société de Marie, il prononce ses vœux en 1887, obtient un doctorat en théologie en 1889 et est ordonné prêtre la même année. Après avoir enseigné à Nevers, il quitte la France pour les États-Unis en septembre 1892. Il y exerce progressivement des responsabilités importantes comme professeur de théologie, recteur, maître des novices puis supérieur.
L'année 1917, date de ce portrait, marque une étape importante de sa carrière : Joseph François Sollier devient curé de la paroisse francophone Our Lady of Victories à Boston. Il se consacre alors notamment à l'accompagnement des communautés catholiques francophones de Nouvelle-Angleterre.
Publié dans The Catholic Encyclopedia and Its Makers, ce portrait présente le religieux sous une forme sobre et institutionnelle, vêtu de l'habit ecclésiastique et photographié de profil. Il témoigne de la reconnaissance acquise par ce fils d'une famille paysanne des Belleville au sein de l'Église catholique américaine.
Le document illustre ainsi un parcours exceptionnel reliant directement Saint-Martin-de-Belleville au monde catholique des États-Unis : celui d'un enfant du Châtelard devenu théologien, enseignant, supérieur mariste et responsable de communautés francophones outre-Atlantique.

Jean François Chavoutier et Marie Victoire Céline Bonnefoy-Cudraz
Cette photographie familiale représente Jean François Chavoutier (1849-1926) et son épouse Marie Victoire Céline Bonnefoy-Cudraz (1856-1945), posant côte à côte à un âge avancé. Le portrait, présenté dans un médaillon ovale, correspond à une esthétique très répandue dans les photographies familiales du début du XXe siècle.
Le couple appartient à deux familles anciennement implantées dans la vallée des Belleville. Cette image conserve ainsi le visage de deux représentants d’une génération née au milieu du XIXe siècle et ayant connu les importantes transformations sociales, agricoles et économiques de la Tarentaise jusqu’au premier quart du XXe siècle.
L’âge apparent des deux personnes, associé à la date de décès de Jean François Chavoutier en 1926, permet de situer vraisemblablement la prise de vue dans les années 1920, ou éventuellement quelques années auparavant.
Au-delà de sa valeur familiale, ce portrait constitue un témoignage précieux sur les familles Chavoutier et Bonnefoy-Cudraz, fortement liées à l’histoire locale de Saint-Jean-de-Belleville et de ses hameaux. · 2 personnes identifiées

Portrait d’Antoine Borrel vers 1910
Ce portrait représente Antoine Borrel (1878-1961) au début de sa carrière politique, vraisemblablement autour de 1910. Présenté de profil dans une tenue formelle, il apparaît ici dans l’esthétique caractéristique des portraits officiels de personnalités publiques du début du XXe siècle.
Issu d’une famille originaire de Saint-Laurent-de-la-Côte, dans la vallée des Belleville, Antoine Borrel devient une figure importante de la vie politique savoyarde. Journaliste de formation, il est élu député de la Savoie en 1909, avant de poursuivre une longue carrière politique nationale et départementale.
Son action est notamment liée aux questions de désenclavement des vallées alpines, d’amélioration des routes, de développement économique et de tourisme de montagne. Très tôt, il s’intéresse également aux sports d’hiver et aux possibilités qu’ils représentent pour l’avenir des territoires savoyards.
Ce portrait constitue ainsi un témoignage de la période où Antoine Borrel commence à s’imposer comme l’un des acteurs politiques majeurs de la Savoie. Il permet également d’illustrer le parcours d’une personnalité profondément liée par ses origines familiales à la vallée des Belleville et qui participera aux grandes réflexions sur la modernisation de la montagne savoyarde au cours de la première moitié du XXe siècle.
