Saint-Jean-de-Belleville
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Saint-Jean-de-Belleville en 1899
Cette carte postale photographique réalisée en 1899 offre une vue générale de Saint-Jean-de-Belleville, alors commune indépendante de la vallée des Belleville. L’inscription figurant sur le document situe le village à 1 150 mètres d’altitude.
L’église Saint-Jean-Baptiste constitue le principal repère du paysage. Implantée légèrement au-dessus du cœur du village, elle domine un ensemble relativement compact de maisons, granges et bâtiments agricoles caractéristiques de l’habitat montagnard de la fin du XIXe siècle.
Le document permet surtout d’observer l’importance du territoire agricole entourant Saint-Jean. Les versants sont divisés en nombreuses parcelles, prairies et terrains exploités, qui remontent largement sur les pentes. Cette organisation témoigne d’une économie locale reposant essentiellement sur l’agriculture, l’élevage et la production de fourrage.
La faible extension des boisements est également remarquable. Les pentes apparaissent beaucoup plus ouvertes qu’aujourd’hui, conséquence de l’exploitation intensive des terres par les habitants et de l’entretien régulier des prés et pâturages.
Les maisons sont regroupées afin de préserver au maximum les surfaces cultivables, tandis que chemins et sentiers assurent les liaisons entre le village, les terres agricoles et les différents secteurs de la vallée.
Cette photographie constitue ainsi un précieux témoignage de Saint-Jean-de-Belleville à la fin du XIXe siècle. Elle documente l’organisation ancienne du village, son architecture, l’utilisation des terres et le paysage façonné pendant des générations par les activités agricoles et pastorales de ses habitants.

Saint-Jean-de-Belleville – Vue panoramique
Cette carte postale d’Auguste et Ernest Pittier présente une vue panoramique de Saint-Jean-de-Belleville, dans la vallée des Belleville. La composition se distingue par la présence d’un couple au premier plan, placé face au paysage, tandis que le village apparaît très éloigné sur le versant. Les Archives départementales de la Haute-Savoie décrivent d’ailleurs le document comme une « vue sur un couple admirant le panorama », avec le village visible au second plan.
La photographie offre une représentation particulièrement spectaculaire du relief entourant Saint-Jean-de-Belleville. Les pentes abruptes, les escarpements rocheux et les versants profondément découpés occupent l’essentiel de l’image, tandis que les habitations apparaissent presque minuscules dans ce vaste environnement montagnard.
Les versants visibles sont encore largement occupés par des terres agricoles, des prairies et des espaces ouverts. Le document témoigne ainsi d’un paysage façonné par les activités rurales et pastorales, à une époque où les villages de la vallée vivaient principalement de l’agriculture et de l’élevage.
La présence du couple au premier plan donne également à cette photographie une dimension particulière. Plus qu’une simple vue topographique, la composition invite à contempler le paysage. Elle correspond à l’esthétique des cartes postales de montagne du tournant des XIXe et XXe siècles, qui contribuent progressivement à diffuser une image pittoresque des vallées alpines auprès d’un public extérieur.
Cette carte constitue ainsi un précieux témoignage à la fois de l’ancien paysage de Saint-Jean-de-Belleville, de l’organisation agricole de ses versants et du regard porté sur la montagne au début du XXe siècle.

Saint-Jean-de-Belleville – Le Chef-lieu
Cette carte postale d’Auguste et Ernest Pittier présente le chef-lieu de Saint-Jean-de-Belleville dans son environnement rural. Au second plan se détache l’église paroissiale, entourée des maisons et bâtiments du village.
Au premier plan, un homme se tient dans un champ où plusieurs poules sont visibles, détail relevé également dans la notice des Archives. Cette présence donne au cliché une dimension de vie quotidienne et rappelle la proximité immédiate entre les habitations, les terres cultivées et les activités agricoles.
Le paysage autour du village demeure largement ouvert. Prés, champs et versants exploités occupent l’essentiel de l’espace, illustrant l’importance de l’agriculture et de l’élevage dans l’organisation économique et sociale de Saint-Jean-de-Belleville au début du XXe siècle.
L’église constitue le principal repère architectural de la composition. Les maisons sont encore peu nombreuses et regroupées autour du centre du village, tandis que les espaces agricoles commencent presque immédiatement à leurs abords.
Cette photographie est ainsi un témoignage précieux de la physionomie ancienne de Saint-Jean-de-Belleville, de son habitat et de la relation étroite entre le village et son terroir montagnard avant les profondes évolutions paysagères et économiques du XXe siècle.

Saint-Jean-de-Belleville après l’incendie du 27 août 1928
Cette carte postale montre Saint-Jean-de-Belleville au lendemain de l’incendie du 27 août 1928, l'un des événements les plus dramatiques de l'histoire du village. Le sinistre se déclara dans la nuit du 27 au 28 août et se propagea rapidement parmi les maisons, granges et bâtiments agricoles étroitement regroupés.
L'image révèle l'étendue des destructions : à gauche et au centre ne subsistent de nombreuses constructions que des murs, des cheminées et des pans de maçonnerie. Une trentaine de maisons furent détruites et plus d'une centaine de personnes se retrouvèrent sans abri. Les récoltes, le fourrage, les outils et de nombreux bâtiments agricoles disparurent également dans les flammes.
À droite se détache l'église Saint-Jean-Baptiste, restée debout au milieu du village sinistré. L'espace dégagé correspondant à l'ancien cimetière entourant l'édifice contribua à freiner la propagation des flammes et à préserver l'église.
Cette photographie constitue un témoignage majeur de la catastrophe. Elle documente non seulement la disparition d'une grande partie du vieux Saint-Jean-de-Belleville, mais également le point de départ d'une profonde reconstruction et modernisation du chef-lieu, qui allait modifier durablement son organisation et son architecture.

Ouvriers et habitants lors de la reconstruction de Saint-Jean-de-Belleville
Cette photographie montre un important groupe d’ouvriers et d’habitants réunis à Saint-Jean-de-Belleville pendant la reconstruction du chef-lieu, après l’incendie qui ravagea une grande partie du village dans la nuit du 27 au 28 août 1928. Plusieurs dizaines d’hommes posent devant un bâtiment provisoire en bois, au milieu d’un environnement manifestement lié à un chantier.
L’inscription visible sur la façade semble notamment comporter les mots « St Jean de Belleville » et « reconstruction », ce qui renforce l’identification de la scène avec les travaux entrepris après la catastrophe.
L’incendie avait détruit une grande partie des habitations, des granges et des réserves agricoles, laissant plus d’une centaine de personnes sans logement. Après les premiers secours, le relèvement du village fut progressivement organisé : les sinistrés se regroupèrent, le Génie rural intervint et un véritable projet d’ensemble fut élaboré pour reconstruire Saint-Jean selon une organisation plus moderne et plus sûre.
La reconstruction ne se limita pas au remplacement des bâtiments détruits. Elle prévoyait également une nouvelle organisation des voies, l’amélioration de l’adduction d’eau, des équipements collectifs et des dispositifs destinés à limiter les risques d’un nouveau sinistre. Un dossier consacré à cette reconstruction fut publié dès octobre 1929 dans La Technique sanitaire et municipale, ce qui atteste que le projet était alors pleinement engagé.
Cette photographie possède donc une forte valeur documentaire : elle ne montre pas seulement un chantier, mais les hommes mobilisés pour relever Saint-Jean-de-Belleville après l’une des catastrophes majeures de son histoire. Elle témoigne de l’ampleur collective de la reconstruction et de la volonté de maintenir une communauté villageoise sur place malgré les destructions.

Notre-Dame-des-Grâces et Villarly
Cette carte postale d’Auguste et Ernest Pittier présente la chapelle Notre-Dame-des-Grâces au premier plan, avec le hameau de Villarly visible sur le versant à l’arrière-plan. L’ensemble se situe sur l’ancien territoire de Saint-Jean-de-Belleville, aujourd’hui intégré à la commune des Belleville.
Implantée à mi-chemin entre Villarly et le chef-lieu de Saint-Jean-de-Belleville, la chapelle domine la vallée depuis un éperon naturel. L’édifice visible sur la photographie date de 1740-1741. Construit selon un plan centré en forme de croix grecque, il est notamment caractérisé par sa coupole surmontée d’un lanternon et par le petit clocheton placé au-dessus de l’entrée.
L’histoire du sanctuaire est cependant plus ancienne. Un oratoire consacré à la Vierge, connu sous le nom de Notre-Dame-du-Roux, existait déjà au début du XVIIe siècle. Une première chapelle fut édifiée en 1628, puis reconstruite sur un nouvel emplacement au cours du XVIIe siècle avant l’édification du sanctuaire actuel au XVIIIe siècle.
À l’arrière-plan, Villarly présente encore une organisation traditionnelle, avec des constructions regroupées et étagées sur le versant. Les terres agricoles occupent une grande partie des pentes et les boisements restent limités, témoignant de l’importance de l’agriculture et de l’élevage dans l’économie locale au tournant des XIXe et XXe siècles.
La photographie possède également un intérêt archéologique indirect. Le secteur situé autour de Notre-Dame-des-Grâces et de Villarly a livré d’importants vestiges protohistoriques, notamment des sépultures et du mobilier des âges des métaux. Le site constitue l’un des secteurs archéologiques remarquables de l’ancienne commune de Saint-Jean-de-Belleville.
Cette carte constitue ainsi un précieux témoignage du paysage ancien entre Notre-Dame-des-Grâces et Villarly, associant patrimoine religieux, habitat traditionnel et territoire agricole.
